Prévention incendie
Nous avons reçu un témoignage de lecteur ayant malheureusement subi un incendie lors des travaux de rénovation de sa maison.
En cause, l’isolant écologique qu’il a choisi après la lecture de notre dossier comparatif « Guide des isolants n° 49 ». Le produit aurait pris feu pendant les travaux après avoir reçu un débris d’abrasion.
Ce lecteur est conscient que notre dossier mentionnait le mauvais classement au feu (F) de ce produit. Mais, comme beaucoup, il a surtout considéré les performances thermiques pour choisir son isolant naturel.
Certes les incendies sont rares, mais cet événement nous incite à vous rappeler qu’il faut prendre les précautions qui s’imposent lors de l’utilisation de produits naturels non ignifugés.
Le classement au feu d’un isolant est indiqué sur son étiquette ou sa fiche technique. Les classements A et B qualifient les produits non inflammables, et C, ceux difficilement inflammables. Au-delà (D, E et F), les produits ne sont pas ignifugés.
Lors de la mise en œuvre d’un isolant naturel non ignifugé, n’utilisez pas d’outils projetant des étincelles à proximité d’un matériau facilement inflammable, fermez rapidement les cloisons isolées avec des parements résistants, stockez les produits loin de toute source incandescente, etc.
La rédaction
Des p’tits trous, des p’tits trous… Dans le cadre d’une construction étanche à l’air, comment fait-on pour éviter les petits percements du frein-vapeur dus aux clous ou aux vis assurant la tenue du revêtement intérieur (lambris, panneaux de plâtre…) ?
Si l’objectif de performance n’est pas le niveau passif, mais seulement la RT2005 ou le label BBC, alors l’agrafage du pare-vapeur ou le vissage d’éléments au travers n’influera pas sur le résultat du test d’étanchéité. En revanche, si on veut un bâtiment passif, il faut alors prêter plus d’attention à ces microfuites. Ainsi, lors de l’agrafage du frein-vapeur, il convient de positionner au mieux la membrane dès le début pour ne pas avoir à la décrocher à plusieurs reprises et ainsi laisser libres des petits trous. Un charpentier spécialisé dans la construction passive préfère utiliser un adhésif étanche par-dessus les agrafes placées près de la panne sablière en toiture. Il estime que le retrait du bois risque de faire bouger le frein-vapeur et d’agrandir les trous des agrafes. Plus simple encore, il existe des solutions de pose des membranes avec de l’adhésif double face.
Quant aux microfuites dues au vissage de tasseaux, elles sont minimes, car le bois est plaqué contre le frein-vapeur de telle sorte qu’il n’y a pas de passage d’air.
Réponse de Delphine Saint-Quentin,
du bureau d’études nantais Wigwam, spécialiste de l’étanchéité à l’air.
Une fouine dans le pare-pluie
Suite à votre article paru dans le n° 52, concernant le pare-pluie en sous-toiture, je me permets une petite remarque. J’ai fait réaliser la toiture de ma maison située en zone rurale avec une tuile à emboîtement grand moule, fortement galbée, avec une sous-toiture souple. Des fouines ont réussi à s’introduire par le galbe des tuiles. Elles ont déchiré le pare-pluie en de nombreux endroits et saccagé mon isolation, rendant nécessaire la réfection du complexe.
J’ai prévu de le faire refaire avec un panneau de sous-toiture rigide à forte densité (épaisseur 15 mm et densité 520 kg/m3) pour opposer une barrière à l’intrusion des animaux et permettre d’y insuffler de la ouate de cellulose.
Mon cas n’est malheureusement pas isolé et de nombreuses maisons rurales tranquilles ont connu le même sort.
Il me paraît important d’attirer l’attention des constructeurs sur ce risque fin qu’ils puissent prendre les dispositions nécessaires.
Cordialement. L. T.
Suite à l’article « Installer un puits canadien » de notre numéro 51, nous avons reçu un courrier nous alertant des dangers potentiels des conduites en matière plastique transportant l’air jusque dans la maison. Elles seraient à l’origine d’une ionisation positive des molécules de l’air. Qu’en est-il ?
Les phénomènes naturels produisent une grande quantité d’ions négatifs (orages, chutes d’eau, vent…). À l’inverse, les phénomènes artificiels ont plutôt tendance à produire des ions positifs. Ainsi, les lieux les plus pollués par les composés organiques volatils (issus de la fumée de cigarette, des colles, des peintures…) ou autres particules sont souvent pauvres en ions négatifs et chargés d’ions positifs. Les effets physiologiques bénéfiques des ions négatifs ont été mis en évidence sur des animaux en laboratoire, mais pas encore sur l’Homme. Certains en concluent que les ions négatifs sont un plus pour la santé, d’autres préfèrent simplement parler de révélateur d’une bonne qualité de l’air.
Dans le cas d’un puits canadien, qui véhicule de l’air dans des conduites le plus souvent en plastique, le revêtement peut absorber les ions négatifs, voire même produire des ions positifs. La quantité d’ions positifs ainsi produits doit tout de même être relativisée au regard des autres sources bien plus actives dans les habitations : matériaux émetteurs de composés organiques volatils, appareils électriques…
Mais si ces ions positifs vous inquiètent, il y a tout de même quelques alternatives : mettre des plantes vertes dans la maison (elles absorbent ces particules), utiliser des conduites en plastique de qualité alimentaire (avec un revêtement antistatique) qui sont peu conductrices et annulent ainsi le phénomène d’ionisation positive, voire des conduites en grès.
Réponse de Frédéric Loyau,
du bureau d’études Fiabitat Concept (www.fiabitat.com)
Installation d’une yourte : quelle est la réglementation ? En réponse à de nombreuses demandes, la rédaction du magazine fait le point sur le cadre réglementaire propre à l’implantation des yourtes en France.
Non équipée, la yourte est considérée comme une tente et doit respecter la réglementation liée au camping (voir les arrêtés municipaux, préfectoraux limitant les zones utilisables pour le camping).
Équipée de sanitaires, d’une cuisine, elle a le statut d’Habitat léger de loisir (HLL) et ne peut être implantée que dans un parc résidentiel de loisir, un terrain de camping ou un village de vacances.
Deux cas sont ensuite dissociés :
- si la surface hors oeuvre nette (SHON) de la yourte est inférieure ou égale à 35m2 : aucune démarche administrative n’est requise,
- en revanche, si la SHON est supérieure à 35m2, l’implantation de la yourte doit être précédée d’une déclaration préalable (article R.421-9 b du Code de l’urbanisme).
Par contre, si vous souhaitez installer votre yourte sur un terrain constructible n’entrant pas dans la catégorie propre aux HLL, votre yourte est considérée comme une construction à part entière :
- démontable et installée pour moins de trois mois, elle ne nécessitera pas de permis de construire,
- fixe, et d’une SHON inférieure à 20m2, son installation ne nécessite qu’une déclaration,
- fixe, et d’une SHON supérieure à 20 m2, sa « construction » nécessite un permis de construire.
Données issues de la fiche pratique INC J.250 06.08,
INC Hebdo n° 1480 23-29 juin 2008
Filtrer l’eau de douche : comment filtrer le chlore, le calcaire, les métaux lourds, etc., avec lesquels on s’arrose de la tête aux pieds ?
Effectivement, il est utile de filtrer l’eau du réseau, souvent très chargée en chlore, aux points de puisage de la salle de bains. Pour cela, placez aux arrivées d’eau des filtres à charbon actif et/ou système KDF (système d’oxydoréduction avec alliage de métaux).
Ils sont commercialisés en magasins bio ou sur Internet sous les marques CIDT, Doulton ou Sprite Industries, pour pommeau de douche ou robinet de baignoire. Il est aussi possible d’installer un filtre à sédiments et charbon actif à l’entrée du circuit d’eau potable de la maison.
Il permet d’arrêter bactéries, chlore et pesticides de façon suffisamment efficace pour l’utilisation sanitaire en salle de bains. Ces filtres à sédiments sont généralement disponibles en magasins de bricolage au rayon plomberie. Dans tous les cas, les filtres sont à renouveler, selon la consommation d’eau, dans un délai de 6 mois à un an.
Réponse de Béatrice Méra,
rédactrice du dossier En quête d’eau pure
La Maison écologique numéro 38 avril-mai 2007
Chauffe-eau solaire… électrique, et douche du soir... Comment gérer au mieux l'alimentation électrique ?
Pour que votre chauffe-eau solaire utilise au maximum le soleil et que vous puissiez prendre vos douches le soir, il faut installer une horloge sur le tableau électrique qui commande la résistance électrique.
En pratique, cette horloge peut être réglée à partir de 16 heures car, en hiver, il n’y a plus assez de soleil à partir de cette heure-là pour chauffer l’eau.
Si la journée a été suffisamment ensoleillée, l’horloge déclenchera la résistance, mais en fait celle-ci ne se mettra pas en route car la régulation interne au chauffe-eau solaire lui « dira » que la température désirée est déjà atteinte.
À l’inverse, si la journée n’a pas été suffisamment ensoleillée, la résistance s’activera, et en deux ou trois heures le ballon sera chaud pour la douche du soir.
Un professionnel peut réaliser cette installation sur la base d’une heure et demie de travail, à laquelle il faut ajouter le matériel : horloge, relais et protection de 2 ampères.
Réponse de Simon Hingamp,
installateur solaire (HP Energetik, 35)
Comment procéder pour isoler avec un enduit terre-paille des murs intérieurs en pierre préenduits d'une fine couche de plâtre ?
Tout d'abord, concernant l'isolation avec un enduit terre, sachez que pour que l'enduit ait un réel pouvoir isolant, il faut que la proportion des fibres (le chanvre est plus performant que la paille) soit assez importante et l'épaisseur conséquente (entre 6 et 15 cm), ce qui implique un poids important et donc une accroche nécessairement bonne.
Le plâtre est un matériau très absorbant et assez lisse, donc il présente une accroche moyenne pour l'enduit terre. Pour les plaques et enduits de plâtre, le mieux est donc de les préparer avec une sous-couche du type Facim (produit respirant à base de chaux) de la marque Weber et Broutin évoqué dans le dossier du numéro 50 de La Maison écologique.
Pensez au préalable à strier le plâtre pour favoriser l'accroche de la sous-couche.
Ne lissez pas la sous-couche Facim ; conserver les aspérités améliorera l'accroche de la terre.
Autre solution, la location d'un perforateur pour enlever la fine couche de plâtre et poser l'enduit directement sur la pierre après avoir quand même projeté un gobetis de terre.
Réponse de Sylvain Moréteau
auteur du dossier Enduits Terre,
La Maison écologique n°50 avril-mai 2009
Traitement des bois extérieurs.
Le bois utilisé à l'extérieur est exposé aux agressions du climat et aux détériorations des agents biologiques (insectes et champignons). S'il est mis en œuvre verticalement en fenêtre ou en bardage, cet emploi est dit de classe 3. Placé horizontalement en terrasse ou en balcon, le bois est soumis à des risques fréquents d'humidification avec stagnation d'eau. C'est alors un usage de classe 4 pour lequel le traitement de préservation doit intéresser la masse du bois et ne pas être uniquement superficiel. Le procédé de traitement préventif en autoclave, par utilisation du vide et de la pression, permet la pénétration profonde des produits vers le cœur du bois. Un séchage de 15 jours à température ambiante (20 °C) ou de 2 heures à haute température (100 °C) permet ensuite la fixation des produits. Selon l'Institut national de recherche et sécurité (INRS), si l'injection sous pression et surtout le séchage ont été convenablement effectués, la fixation est assurée entre 98 et 99 %. Le risque de lessivage par la pluie ou d'exposition par contact cutané est ainsi réduit. Un lavage des bois est toutefois préconisé avant la mise en œuvre par les utilisateurs.
Les produits de traitement utilisés en autoclave sont très divers. Il convient donc d'être informé des substances employées. Il y a tout d'abord les créosotes, issues de la distillation des goudrons de houille et classées cancérogènes probables, notamment de la peau. Depuis l'arrêté du 2 juin 2003, la vente aux particuliers du bois traité avec ces produits est interdite.
Un autre traitement très répandu est un mélange de sels métalliques CCA comprenant du cuivre (fongicide) qui donne une couleur verte au bois, de l'arsenic (insecticide) et du chrome (fixateur du cuivre et de l'arsenic délavables en milieu humide). Depuis le décret du 17 novembre 2004, les bois traités à l’arsenic, cancérogène certain, sont interdits de mise sur le marché. Par dérogation, les produits CCA ont encore des utilisations professionnelles qui excluent le contact avec le public, en particulier les enfants. Un étiquetage mentionnant la présence d'arsenic est obligatoire. Il existe d'autres compositions sans arsenic, les CCB (cuivre, chrome, bore) ou CCF (cuivre, chrome, fluor).
Pour diminuer la toxicité humaine et environnementale, des traitements actuellement proposés sont sans chrome et sans arsenic pour les bois de classe 4. Certains ne contiennent que du cuivre et des ammoniums quaternaires. D'autres associent cuivre, acide borique et fongicides triazoles.
Les déchets de bois traités ne doivent être ni abandonnés, ni brûlés à l’air libre. Stockés séparément des déchets non pollués, ils sont collectés par des prestataires spécialisés. Ils sont soit recyclés dans la fabrication de panneaux de bois soit incinérés en usine traitant les déchets dangereux. En effet, ils ne peuvent intégrer la catégorie “biomasse", ni les décharges de classe 1, les déchets de bois n'étant pas considérés comme des déchets inertes ou ultimes au sens de la réglementation.
De nouvelles alternatives de préservation des bois d'extérieur confèrent une plus grande biodégradabilité du matériau en fin de vie : bois chauffé à haute température dont un des procédés est le bois rétifié®, bois thermo-huilé, bois acétylé, bientôt bois traité à l'ASAM, dérivé de l'huile de colza. Quant aux bois en provenance des pays de l'Est, il n'y a pas de contrôle de leur traitement. Pour cette raison, le CTBA (Centre technique du bois et de l'ameublement) préconise de demander des bois traités avec certificat CTB P+ pour le produit et CTB B+ pour le procédé. Mais, même avec les produits CTB P+, une information sur le type de traitement reste toujours utile puisque cette marque est délivrée, au moins jusqu'à fin 2008, à des produits à destination professionnelle type CCA, CCB, créosotes.
Réponse du Dr. Suzanne Déoux,
expert Santé Environnement bâti,
co-auteur du Guide de l’Habitat Sain,
éditions Médieco.
Champs électromagnétiques et compteur électrique ?
Près d'un compteur électrique ou d'un tableau, le champ électrique et le champ magnétique peuvent être très intenses. Mais ils s'atténuent beaucoup avec l'éloignement. Dans la plupart des cas, un éloignement d'un mètre est suffisant pour s'affranchir des champs.
Toutefois, il y a des cas particuliers qui posent problème :
- si le compteur, ou le tableau, est posé sur un mur à ossature bois (ou d’autres matériaux qui favorisent la diffusion des champs électriques) le mur diffuse par rayonnement le champ électrique dans toutes les directions, parfois jusqu'à plusieurs mètres ;
- depuis le tableau, les circuits électriques partent vers les différentes pièces. Tous ces circuits peuvent émettre des champs électriques intenses, en particulier s'ils passent sous un plancher, dans des murs ou des cloisons en bois, dans du placo, ou encore dans les plafonds.
Dans une telle situation, il est recommandé de faire appel à une personne compétente pour mesurer les champs électriques et magnétiques. Il est possible aussi de mesurer soi-même les champs avec un appareil simple et fiable.
Si le champ magnétique est inférieur à 0,5 milligauss (50 nanoteslas), et si le champ électrique est inférieur à 5 V/m, à l'emplacement du lit, pas de problème.
Si le champ magnétique est supérieur à 0,5 milligauss, il faut éloigner le lit à une place où le champ magnétique est inférieur à ce seuil. Si le champ électrique est supérieur à 5 V/m, il faudra utiliser des moyens de protection adaptés selon les cas :
1) Si le champ provient du tableau, il suffit de poser une porte en métal ou en bois et de la recouvrir d'une peinture conductrice (avec connexion au fil de terre).
2) Si le champ est dû aux circuits électriques qui passent sous le plancher ou dans les cloisons, les solutions adaptées seront des fils ou câbles blindés, des gaines blindées, des interrupteurs automatiques de champs (IAC), ou encore des écrans de protection en matériaux électriquement conducteurs, connectés au fil de terre.
Il est parfois difficile et coûteux d'éliminer les champs électriques et magnétiques sur une installation existante. Il est préférable de bien concevoir l'installation électrique lors de la construction ou de la rénovation.
Réponse de Claude Bossard,
électricien spécialiste des environnements
électromagnétiques
et auteur de l’ouvrage Guide de l’électricité
biocompatible.
(www.electromagnetique.com)
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