Comment procéder pour isoler avec un enduit terre-paille des murs intérieurs en pierre préenduits d'une fine couche de plâtre ?
Tout d'abord, concernant l'isolation avec un enduit terre, sachez que pour que l'enduit ait un réel pouvoir isolant, il faut que la proportion des fibres (le chanvre est plus performant que la paille) soit assez importante et l'épaisseur conséquente (entre 6 et 15 cm), ce qui implique un poids important et donc une accroche nécessairement bonne.
Le plâtre est un matériau très absorbant et assez lisse, donc il présente une accroche moyenne pour l'enduit terre. Pour les plaques et enduits de plâtre, le mieux est donc de les préparer avec une sous-couche du type Facim (produit respirant à base de chaux) de la marque Weber et Broutin évoqué dans le dossier du numéro 50 de La Maison écologique.
Pensez au préalable à strier le plâtre pour favoriser l'accroche de la sous-couche.
Ne lissez pas la sous-couche Facim ; conserver les aspérités améliorera l'accroche de la terre.
Autre solution, la location d'un perforateur pour enlever la fine couche de plâtre et poser l'enduit directement sur la pierre après avoir quand même projeté un gobetis de terre.
Réponse de Sylvain Moréteau
auteur du dossier Enduits Terre,
La Maison écologique n°50 avril-mai 2009
Traitement des bois extérieurs.
Le bois utilisé à l'extérieur est exposé aux agressions du climat et aux détériorations des agents biologiques (insectes et champignons). S'il est mis en œuvre verticalement en fenêtre ou en bardage, cet emploi est dit de classe 3. Placé horizontalement en terrasse ou en balcon, le bois est soumis à des risques fréquents d'humidification avec stagnation d'eau. C'est alors un usage de classe 4 pour lequel le traitement de préservation doit intéresser la masse du bois et ne pas être uniquement superficiel. Le procédé de traitement préventif en autoclave, par utilisation du vide et de la pression, permet la pénétration profonde des produits vers le cœur du bois. Un séchage de 15 jours à température ambiante (20 °C) ou de 2 heures à haute température (100 °C) permet ensuite la fixation des produits. Selon l'Institut national de recherche et sécurité (INRS), si l'injection sous pression et surtout le séchage ont été convenablement effectués, la fixation est assurée entre 98 et 99 %. Le risque de lessivage par la pluie ou d'exposition par contact cutané est ainsi réduit. Un lavage des bois est toutefois préconisé avant la mise en œuvre par les utilisateurs.
Les produits de traitement utilisés en autoclave sont très divers. Il convient donc d'être informé des substances employées. Il y a tout d'abord les créosotes, issues de la distillation des goudrons de houille et classées cancérogènes probables, notamment de la peau. Depuis l'arrêté du 2 juin 2003, la vente aux particuliers du bois traité avec ces produits est interdite.
Un autre traitement très répandu est un mélange de sels métalliques CCA comprenant du cuivre (fongicide) qui donne une couleur verte au bois, de l'arsenic (insecticide) et du chrome (fixateur du cuivre et de l'arsenic délavables en milieu humide). Depuis le décret du 17 novembre 2004, les bois traités à l’arsenic, cancérogène certain, sont interdits de mise sur le marché. Par dérogation, les produits CCA ont encore des utilisations professionnelles qui excluent le contact avec le public, en particulier les enfants. Un étiquetage mentionnant la présence d'arsenic est obligatoire. Il existe d'autres compositions sans arsenic, les CCB (cuivre, chrome, bore) ou CCF (cuivre, chrome, fluor).
Pour diminuer la toxicité humaine et environnementale, des traitements actuellement proposés sont sans chrome et sans arsenic pour les bois de classe 4. Certains ne contiennent que du cuivre et des ammoniums quaternaires. D'autres associent cuivre, acide borique et fongicides triazoles.
Les déchets de bois traités ne doivent être ni abandonnés, ni brûlés à l’air libre. Stockés séparément des déchets non pollués, ils sont collectés par des prestataires spécialisés. Ils sont soit recyclés dans la fabrication de panneaux de bois soit incinérés en usine traitant les déchets dangereux. En effet, ils ne peuvent intégrer la catégorie “biomasse", ni les décharges de classe 1, les déchets de bois n'étant pas considérés comme des déchets inertes ou ultimes au sens de la réglementation.
De nouvelles alternatives de préservation des bois d'extérieur confèrent une plus grande biodégradabilité du matériau en fin de vie : bois chauffé à haute température dont un des procédés est le bois rétifié®, bois thermo-huilé, bois acétylé, bientôt bois traité à l'ASAM, dérivé de l'huile de colza. Quant aux bois en provenance des pays de l'Est, il n'y a pas de contrôle de leur traitement. Pour cette raison, le CTBA (Centre technique du bois et de l'ameublement) préconise de demander des bois traités avec certificat CTB P+ pour le produit et CTB B+ pour le procédé. Mais, même avec les produits CTB P+, une information sur le type de traitement reste toujours utile puisque cette marque est délivrée, au moins jusqu'à fin 2008, à des produits à destination professionnelle type CCA, CCB, créosotes.
Réponse du Dr. Suzanne Déoux,
expert Santé Environnement bâti,
co-auteur du Guide de l’Habitat Sain,
éditions Médieco.
Champs électromagnétiques et compteur électrique ?
Près d'un compteur électrique ou d'un tableau, le champ électrique et le champ magnétique peuvent être très intenses. Mais ils s'atténuent beaucoup avec l'éloignement. Dans la plupart des cas, un éloignement d'un mètre est suffisant pour s'affranchir des champs.
Toutefois, il y a des cas particuliers qui posent problème :
- si le compteur, ou le tableau, est posé sur un mur à ossature bois (ou d’autres matériaux qui favorisent la diffusion des champs électriques) le mur diffuse par rayonnement le champ électrique dans toutes les directions, parfois jusqu'à plusieurs mètres ;
- depuis le tableau, les circuits électriques partent vers les différentes pièces. Tous ces circuits peuvent émettre des champs électriques intenses, en particulier s'ils passent sous un plancher, dans des murs ou des cloisons en bois, dans du placo, ou encore dans les plafonds.
Dans une telle situation, il est recommandé de faire appel à une personne compétente pour mesurer les champs électriques et magnétiques. Il est possible aussi de mesurer soi-même les champs avec un appareil simple et fiable.
Si le champ magnétique est inférieur à 0,5 milligauss (50 nanoteslas), et si le champ électrique est inférieur à 5 V/m, à l'emplacement du lit, pas de problème.
Si le champ magnétique est supérieur à 0,5 milligauss, il faut éloigner le lit à une place où le champ magnétique est inférieur à ce seuil. Si le champ électrique est supérieur à 5 V/m, il faudra utiliser des moyens de protection adaptés selon les cas :
1) Si le champ provient du tableau, il suffit de poser une porte en métal ou en bois et de la recouvrir d'une peinture conductrice (avec connexion au fil de terre).
2) Si le champ est dû aux circuits électriques qui passent sous le plancher ou dans les cloisons, les solutions adaptées seront des fils ou câbles blindés, des gaines blindées, des interrupteurs automatiques de champs (IAC), ou encore des écrans de protection en matériaux électriquement conducteurs, connectés au fil de terre.
Il est parfois difficile et coûteux d'éliminer les champs électriques et magnétiques sur une installation existante. Il est préférable de bien concevoir l'installation électrique lors de la construction ou de la rénovation.
Réponse de Claude Bossard,
électricien spécialiste des environnements
électromagnétiques
et auteur de l’ouvrage Guide de l’électricité
biocompatible.
(www.electromagnetique.com)
Huile de lin, huile dure ?
Le mélange huile de lin/térébenthine a été longtemps utilisé pour l’entretien des sols en bois, pierre ou terres cuites. On lui ajoute parfois un siccatif, peu écologique au demeurant.
Au-delà de sa simplicité, ce mélange présente des désavantages qui sont, la plupart du temps, incompatibles avec les attentes des constructeurs et des décorateurs actuels. Aujourd’hui, on privilégie en effet les couleurs claires, le respect des matières et textures, les finitions simples et solides, et les revêtements qui ne craignent ni les taches, ni les petits accidents du quotidien d’une famille.
- Le premier inconvénient du mélange huile de lin/térébenthine, et peut être le plus gênant, est qu’il assombrit beaucoup les supports. Et ce défaut s’aggrave au fil du temps.
- Lié à ce premier aspect, il existe aussi des risques de séchage incomplet (en fonction de la nature du siccatif utilisé et du taux de dilution) et de saponification du mélange qui entraîne encrassement et nouvelle accentuation de la teinte.
- En dernier lieu, la surface traitée par ce mélange est de qualité assez moyenne, surtout si le séchage est mal maîtrisé, ce qui est assez fréquent. De même, ses qualités hydrofuges et antitaches ainsi que sa résistance à l’usure sont assez faibles du fait de l’absence de cires et de résines durcissantes… On va donc mécaniquement avoir tendance à multiplier les couches, ce qui va de nouveau aggraver les deux premiers aspects.
Partant de ces constatations, les fabricants ont développé des formulations d’huile dure qui permettent de respecter l’aspect naturel du bois (variable en fonction des marques), sans phénomène d’assombrissement des teintes. L’huile dure, après un séchage rapide et complet, offre une protection solide et pérenne et rend l’entretien du plancher plus facile.
La cire et les résines, qui entrent dans la composition de l’huile dure, garantissent au plancher traité la résistance à l’usure, l’absence de pénétration des taches dans le support et l’aspect antistatique.
Le traitement à l’huile dure perdurera si lors du nettoyage du parquet on ajoute, une fois par mois à l’eau de rinçage, une émulsion de carnauba qui rénove régulièrement les surfaces.
Le séchage, enfin, peut être quasiment immédiat, surtout si on utilise une monobrosse, qui renforce encore la résistance des cires.
La différence de coût doit donc s’envisager à la lumière de ces différents aspects : même si l’huile dure est environ 35 % plus chère que l’huile de lin bio, l’application de trois couches va donner une finition sur laquelle il ne sera plus nécessaire de revenir en dehors de l’entretien dont nous avons parlé plus haut. Si l’on prend en compte la main-d’œuvre, on s’aperçoit que cette pérennité rend l’huile dure beaucoup moins chère que la finition à l’huile de lin seule, pour un rendu esthétique et technique bien meilleur.
Dernier conseil avant de choisir votre marque d’huile dure : pensez à vérifier la teinte sur un morceau de parquet pour juger de la réaction du bois et de votre huile, car chaque formule est différente.
Réponse de Roland Studer,
professionnel de l’écoconstruction dans le Gard.
Les Charpentiers d’Uzès, www.charpentiers.fr.
Les lampes basse consommation en question.
« Alerte ! Mise en garde sur les ampoules à économie d’énergie ! »
Tel est le titre pour le moins inquiétant du communiqué de presse que nous avons reçu nous informant de cette étude menée entre autres par le Criirem (Centre de recherche et d’information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques). « Les champs détectés autour des lampes basses consommations allumées atteignent, à 20 cm, entre 180 V/m et 4 V/m pour des puissances allant de 20 à 11 Watts. Il faut attendre 1 mètre pour retrouver une valeur de 0,2 V/m, correspondant au bruit de fond radiofréquences ambiant. » Comparé à la valeur seuil de la norme européenne (87 V/m pour les fréquences de 20 à 50 kHz), il y aurait a priori de quoi s’inquiéter.
Mais, c’est seulement dans les 20 premiers centimètres que ces ampoules économes en énergie peuvent réellement susciter un petit doute car les niveaux relevés varient de 4 à 180 V/m pour les lampes de 11 à 20 watts. « Ces émissions proviennent des ballasts électroniques, précise le docteur Déoux. Mais ces circuits électroniques placés dans le culot en plastique ont l’avantage sanitaire de supprimer l’effet stroboscopique, reconnu scientifiquement très perturbateur pour le système neurovégétatif, l’avantage environnemental de diminuer les teneurs nécessaires en mercure dans l’ampoule et l’avantage énergétique de réduire les consommations. Ces données ne sont pas vraiment nouvelles, en 1997 j’écrivais déjà sur le sujet en invitant les utilisateurs à placer ces lampes économes à plus de 20 cm des occupants. »
Pour Claude Bossard, « on ne peut comparer ce rayonnement à un autre appareil, tout comme on ne peut comparer celui du téléphone portable à celui du radioréveil parce que les fréquences sont différentes. Les risques liés au téléphone portable ou aux plaques à induction sont bien plus importants que ceux liés aux lampes. Il n’est pas question de condamner les ampoules fluocompactes, mais il est nécessaire de prendre des précautions pour leur utilisation. En attendant les résultats d’autres expérimentations, je conseille un éloignement de 50 à 80 cm. » Un simple blindage de la lampe ou une baisse des fréquences atténueraient considérablement les émissions précitées. Gageons de la réaction rapide des fabricants…
En attendant, n’hésitez pas à investir dans les lampes basse consommation qui nécessitent juste quelques précautions et pour ceux qui sont attirés par les dernières technologies encore plus économes et durables, choisissez les Leds…
Réponse collégiale de la rédaction du magazine,
du docteur Suzanne Déoux (auteur du très sérieux Guide de l’habitat sain, éditions Médiéco) et
de Claude Bossard (professionnel de la bioélectricité - www.electromagnetique.com).
Avec le coût énergétique d’une ventilation efficace, ce système permet-il réellement de faire des économies d’énergie ?
Un calcul établi par un bureau d’études pour déterminer les besoins calorifiques d’une maison de 120 m² située dans le Nord de la France et respectant la règlementation en vigueur (RT 2005), démontre que la déperdition se situera autour de 13 500 kWh, dont 6 000 kWh sont dus à la ventilation simple flux.
La partie d’énergie perdue pour le renouvèlement de l’air représente donc environ 40% des déperditions.
La VMC double flux haut rendement sera capable de récupérer 80% de cette énergie soit 4 800 kWh. Pour un prix du kWh moyen de 10 centimes d’euros, l’économie s’élève donc à 450 euros par an. L’économie ne sera que de 250 euros pour une maison identique située à Perpignan.
Ce calcul simplifié repose sur un prix moyen du kWh électrique, amortissement des appareils inclus. Le résultat serait différent avec d’autres systèmes de chauffage (PAC, bois, solaire, etc.) permettant de réduire encore le coût du kWh.
Une VMC double flux coute de l’ordre de 4 500€, voire plus pour les appareils haut de gamme (sans PVC, en tuyau isolé semi-rigide, autonettoyant, ventilateur basse puissance). Ce prix comprend l’achat de l’appareil, la pose et le réseau de conduits nécessaire pour l’insufflation dans les pièces de vie. L’installation sera donc amortie en 10 ans dans le Nord de la France et en 18 ans pour une maison située dans le Sud.
Avec un coût de l’énergie qui ne cesse d’augmenter, la durée de l’amortissement du système de ventilation sera plus rapide. Les futures règlementations seront à l’affût du moindre kWh économisé afin d’atteindre l’objectif de réduction par 4 de nos émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050.
De plus, une maison avec une VMC simple flux sera très probablement plus difficile à vendre dans quelques années. Investir dans une VMC double flux est un pari sur l’avenir et permet de garantir un air de meilleure qualité dans votre maison.
Réponse de Bruno Herzog,
auteur d’un ouvrage sur le puits canadien et la ventilation aux éditions Eyrolles.
www.batirbio.eu