VMC double flux. Je me pose une question au sujet des VMC double flux. Pourquoi extraire uniquement dans les pièces humides (W-C, cuisine, salle de bains) ? Ne serait-il pas plus judicieux d’extraire et d’insuffler dans toutes les pièces ? Cela permettrait de récupérer plus de calories car la VMC va brasser un volume d’air plus important. Le raisonnement est-il correct ? S. V.

Réponse d’Eduardo Serodio, Izuba énergies (bureau d’études thermiques, conception de logiciels d’optimisation énergétique)
Attention, la VMC sert avant tout à renouveler l’air en évacuant l’humidité et les polluants. Elle aspire donc dans les pièces « à pollution spécifique » (cuisine, W-C…), en les mettant en dépression par rapport aux autres locaux, ce qui évite de propager les polluants (et les odeurs) dans les pièces de vie. Si on souffle et aspire dans toutes les pièces cette dépression ne sera pas assurée. Mais surtout, en contrepartie de l’extraction, on remplace l’air extrait par de l’air neuf (donc froid en hiver). On s’en tient donc au débit minimum pour assurer la qualité de l’air – on dit parfois que les débits minimums en VMC hygroréglable ne sont pas suffisants pour extraire tous les polluants (COV) de nos maisons « modernes ». Brasser plus d’air permettrait de récupérer plus d’énergie avec une VMC double flux, mais une partie de la chaleur est de toute façon perdue. Donc, brasser le minimum permet de perdre le minimum ! En outre, cela pénaliserait encore la double flux là où elle est déjà faible : encombrement (surtout dans l’existant), coût et consommation électrique des ventilateurs.


Gaine pour puits canadien. En tant qu’artisan électricien spécialisé en maisons écologiques, je vois beaucoup d’autoconstructeurs réaliser des puits canadiens avec des gaines EDF (gaines rouges). Mais n’y a-t-il pas un risque que ces gaines contiennent du bisphénol A (ou autres produits chimiques) dangereux pour la santé, vu que l’on respire l’air qui en sort. Techniquement, ces gaines sont-elles vraiment adaptées ? R. H.


Réponse de Frédéric Loyau, Fiabitat concept (bureau d’études conception, rénovation écologique).
Le premier problème posé par les gaines TPC (tubes de protection de câbles), qu’elles soient en PE (polyéthylène) pur ou en PE recyclé, est lié à leur non-étanchéité. Ces gaines obtiennent généralement une classification IP 56 (sans joints) ou IP 67 (avec joints). Cela signifie que l’eau contenue dans le terrain (nappe phréatique affleurante, eau de pluie s’infiltrant aux points de fuite) peut noyer l’installation, et que le radon, gaz radioactif présent en différentes quantités dans les sols, peut migrer dans l’habitat via le puits canadien. C’est pourquoi il est conseillé d’utiliser des systèmes conduits/joints répondant à la norme d’étanchéité IP 68, afin d’éviter les mauvaises surprises.
Les fabricants de gaines de puits canadien en PE pur garantissent qu’elles ne contiennent pas de bisphénol A. Concernant les gaines TPC, au vu de leur variété, il conviendrait d’éviter les PE recyclés et les PVC dont les composants sont plus « variés », même si, jusqu’à présent, aucune étude n’a été menée pour étudier le risque sanitaire induit par des puits canadiens utilisant ces matériaux.


Tarif vente kWh photovoltaïque. J’ai une installation photovoltaïque intégrée à mon toit depuis bientôt 3 ans. La seconde année j’ai produit plus d’électricité mais EDF m’a payé moins. Est-ce normal ? P.L.

Le tarif d’achat « brut » inscrit dans votre contrat d’achat photovoltaïque est indexé par un coefficient L. Ce dernier se calcule sur la base d’indices Insee qui fluctuent selon la situation économique. En 2008 et 2009, la crise financière et économique a fait chuter ces indices, induisant une baisse des tarifs d’achat. Cette baisse a été ressentie en différé dans votre facture de 2011 puisque l’indexation s’est appliquée en début de facturation (en 2010), sur la base des indices définitifs et connus à cette date (indices relatifs à fin 2009 dans votre cas). Actuellement, les indices ont tendance à remonter. Si vous souhaitez comprendre le calcul du coefficient L et les indices correspondants, relatifs à votre installation, vous pouvez consulter nos guides sur http://www.photovoltaique.info/Facturation-de-l-electricite.html

Réponse de l’association Hespul
www.hespul.org


Raccordement électrique. Je viens de lire le livre Électron libre. Lecture très étoffée sur le plan technique, mais qu’en est-il du côté administratif ? 
Peut-on délibérément se « dé-raccorder » du réseau ? En construction neuve, peut-on se passer de mentionner sur les plans les raccordements ? Il me semble que la taxe foncière (ou d’habitation ?) doit être payée une fois la maison hors d’air et les raccordements aux réseaux effectués ? P.O.

V.B. : En France, toute personne a le droit d’autoproduire de l’énergie électrique pour subvenir à ses besoins. Seule la vente de ces kilowattheures à un autre particulier est interdite. Rien n’empêche donc de résilier son contrat avec son fournisseur d’électricité pour goûter les joies de l’autonomie électrique !
Y.S.-J. : Il n’est pas obligatoire de mentionner l’arrivée d’électricité sur le permis de construire. Ni les services de l’urbanisme, ni la mairie n’« obligent » à se raccorder. En revanche, dans de nombreuses régions un Certificat d’urbanisme ne sera délivré qu’à condition que le réseau électrique passe à proximité du terrain visé.
La comptabilité des taxes foncières et d’habitation n’est pas en lien avec le raccordement au réseau, mais la superficie, et éventuellement la distribution d’eau et l’assainissement. Dans de très rares cas, la taxe d’habitation prend également en compte la fourniture du courant lorsque celui-ci est distribué par une compagnie locale. Mais même dans ce cas il est possible de demander une dérogation pour ne pas payer l’électricité que l’on ne consomme pas !

Réponse conjointe d’Yvan Saint-Jours,
rédacteur en chef de La Maison écologique
et de Valéry Borraz,
auteur d’Électron libre (éd. La Plage)
et électricien spécialiste des sites autonomes


Salpêtre. Comment supprimer le salpêtre des vieilles maisons en pierre. Faut-il laisser la pierre apparente ? La couvrir d’un enduit chaux-chanvre ? R.D.

Le salpêtre est la conséquence des remontées d’humidité, appelées aussi « remontées capillaires », qui répondent à un courant positif et entraînent avec elles des sels de soufre et des nitrates.
Ce qu’il ne faut jamais faire, c’est enfermer le mur ancien avec des produits non poreux tels les ciments, enduits plastiques, résines ou tout autre produit hydrofuge. Attention également à la réalisation des sols. Bloquées par des bétons ou goudrons, les remontées capillaires n’auront que la façade pour s’échapper. Il faut donc que votre mur soit aéré.
S’il s’agit d’une paroi en pierre de taille, l’idéal (compliqué et coûteux à mettre en œuvre) est d’insérer une feuille de plomb dans le joint horizontal le plus bas.
S’il s’agit d’un mur en moellons vous pouvez l’enduire d’un mortier de chaux (NHL3.5 pour l’extérieur et NHL2 pour l’intérieur).
Il existe un système dans le commerce qui consiste, si vous avez une cave, à passer un fil de cuivre fixé par des fiches cuivre dans le mur et à y envoyer un courant négatif de faible intensité annulant ainsi les remontées.

Georges Duménil,
président de l’association Maisons Paysannes de France


J’utilise depuis peu du ciment naturel prompt Vicat. En vente dans des magasins de fourniture de matériaux d’écoconstruction, il trône désormais à côté de nos anciens sacs de chaux. Concrètement, il facilite le scellement au sol des terres cuites et des pierres naturelles. Je le mélange avec la NHL5 (80 % de NHL5 + 20 % de CNV). S’il est sûr que la carbonatation de la chape est plus rapide, je me demande si les qualités de perspiration de la chaux sont conservées 
et si ce ciment est vraiment si naturel que ce qui est écrit sur son emballage. P.O.

Ciment naturel et artificiel, tous deux sont composés de 80 % de chaux et 20 % d’argile.
Le premier est extrait d’une carrière alors que le ciment artificiel est le produit d’une cimenterie roche + additifs. Autre différence majeure, la température de cuisson avoisine les 900 °C pour le ciment naturel (comme une chaux aérienne) contre 1 450 °C pour du ciment artificiel. L’ajout de prompt modifie très légèrement le caractère perspirant de la chaux. Grossièrement, pour un mélange à 1 vol. de chaux NHL5 et 2,5 vol.de sable, la perméance sera de 0,6 g/m2.h.mmHg (Sd = 0,15 m). L’ajout de 20 % de prompt modifiera ce rapport, le faisant passer de 0,6 à 0,57 g/m2.h.mmHg (Sd 0,15 à 0,158 m), l’incidence est quasi nulle.
Nous conseillons d’utiliser une chaux faiblement hydraulique 3,5 ou 2, pour augmenter la perméance. Le ciment naturel, grâce à sa composition et son mode de fabrication, se marie très bien à la chaux aérienne.
Vicat tient une position particulière puisque l’entreprise est la seule en Europe à poursuivre la production de ciment naturel. Il y a quelques décennies, on comptait une cinquantaine de fabricants.

Nature & Développement,
distributeurs de matériaux écologiques


Électricité (vraiment) verte. Suite à plusieurs mentions parues dans notre magazine sur Énercoop, seul vrai distributeur d’électricité 100 % renouvelable en France, nous avons reçu de nombreuses questions de lecteurs attentifs à leur choix énergétique. Nous avons regroupé vos interrogations en trois thématiques et choisi de laisser Énercoop vous répondre directement. 1° Comment être sûr de recevoir des électrons verts dans mes prises électriques ? 2° Quelle différence avec les offres 100 % renouvelable d’autres fournisseurs comme Direct Énergie ou Planète Oui ? 3° Pourquoi l’offre d’Énercoop ne se trouve pas dans le comparateur « officiel et indépendant » www.energie-info.fr ?

1° Il n’est pas possible de tracer un électron. Ce que nous garantissons, c’est d’injecter sur le réseau autant d’électricité d’origine renouvelable que nos clients en consomment. La traçabilité est financière : vous avez la garantie que votre argent va aux énergies renouvelables, en rémunérant les producteurs de la coopérative via votre facture d’électricité.
2° Énercoop s’approvisionne en direct auprès de producteurs d’énergie renouvelable, à travers des contrats de gré à gré. Les autres fournisseurs, quant à eux, achètent des électrons « gris », ordinaires, et en parallèle, des certificats verts. L’approvisionnement direct est selon nous et diverses associations écologistes le seul moyen de garantir un approvisionnement en énergie renouvelable. Au-delà, Énercoop est le seul fournisseur constitué en coopérative : but non lucratif, réinvestissement d’au moins 57 % des bénéfices dans les énergies renouvelables et un multisociétariat (consommateurs, producteurs, salariés, fondateurs et partenaires sont sociétaires de la coopérative) qui fonctionne sur le mode 1 personne = 1 voix.
3° Nous avons choisi de ne pas paraître dans le comparateur, car notre spécificité, expliquée ci-dessus, n’était d’après nous pas prise en compte. Nous sommes toutefois en discussion avec les services du médiateur pour trouver une solution et intégrer ce comparateur.

Énercoop, société coopérative d’intérêt collectif,
fournisseur d’électricité renouvelable.


Panneaux MFP et OSB ? Je cherche des renseignements sur les panneaux MFP. Je ne me souviens pas avoir lu un article sur ce produit. 
L’OSB contient de la colle (en petites quantités ?) et le MFP tient grâce à la résine contenue naturellement dans le bois. Est-ce vrai ? L.W.

Les panneaux multifonctions MFP sont des panneaux de particules de bois « nouvelle génération » (autrefois appelé panneaux d’agglos) créés par l’entreprise Wodego, filiale du groupe allemand Pfleiderer. Deux procédés de fabrication se distinguent, l’un en phase humide et l’autre en phase sèche. Les panneaux produits en phase humide à chaud utilisent les résines naturelles du bois pour agglomérer les fibres. Ceux produits en phase sèche emploient des colles chimiques. Le MFP et l’OSB fabriqués en phase sèche contiennent des colles. Ils sont classés E1 (classe contenant le moins de formaldéhyde) dès lors que la quantité de formaldéhyde émis est inférieure à 0,1 ppm. Outre la cohésion des particules, les colles confèrent aux MFP une solidité mécanique importante et des spécificités intéressantes, de résistance à l’humidité par exemple. Les panneaux de MFP peuvent être plus pertinents que l’OSB dans certaines conditions, sens de pose, résistance au gonflement, à la flexion… Cependant, il existe une grande quantité de noms différents pour des produits aux performances très proches, parfois fabriqués par les filiales de la même maison mère. Pour s’y retrouver, il ne faut pas hésiter à demander conseil aux distributeurs de ces matériaux.

Nature & Développement,
distributeurs de matériaux écologiques.


Laine de bois et frein vapeur ? J’interviens par l’extérieur sur une toiture existante (lambris, laine de verre entre chevrons, volige, liteaux, tuiles canal) afin de l’isoler correctement. Le projet : déposer volige et laine de verre, rehausser les chevrons en les doublant, poser de la laine de bois en 20 cm entre chevrons puis un pare-pluie rigide (Isoroof). La laine de bois et l’Isoroof ayant la même résistance à la vapeur d’eau, est-il tout de même recommandé de poser un frein-vapeur ? Si oui, comment le poser correctement sans déposer le lambris ? P.R.

Le frein-vapeur (FV) a deux fonctions : réguler la pénétration de la vapeur d’eau dans l’isolant pour minimiser les risques de condensation ET empêcher les mouvements d’air entre l’intérieur et l’extérieur de la maison afin d’améliorer les performances thermiques du bâti.
En pratique, le FV doit être placé du côté chaud de l’isolant donc, si vous ne déposez pas le lambris, entre le lambris et la laine de bois. Dans votre cas, une première solution consiste à mettre en œuvre le film FV par l’extérieur, horizontalement, en suivant les « ondulations » des chevrons sur le lambris. Il sera agrafé sur le côté des chevrons et vous poserez la première couche d’isolant par-dessus.
Une seconde solution consiste à poser le FV de façon verticale en découpant des lés légèrement plus larges que l’entraxe entre chevrons. Elles remonteront de quelques centimètres sur les chevrons et y seront collées avec des adhésifs adaptés. Enfin, troisième solution. Un compromis entre efficacité et facilité de pose : 10 cm d’isolant sur lambris, FV horizontal sur chevrons existants, puis seconde couche d’isolant entre chevrons rapportés et pose de l’Isoroof. La première couche va accumuler de la vapeur d’eau, mais la laine de bois étant hygroscopique elle relâchera cette humidité vers l’intérieur dès que l’air y sera plus sec. La perte de performance thermique sera relativement minime, de l’ordre de 2 à 3 %.
À venir, un article dans le magazine N°65 sur la gestion de la vapeur d’eau dans les parois.

 Jean-Claude Mengoni,
auteur d’ouvrages techniques aux éditions Terre Vivante (Matériaux écologiques d’intérieur et La construction écologique).


Finitions sur OSB ? J’autoconstruis une maison à ossature bois avec isolation chanvre en vrac. J’ai utilisé des panneaux de contreventement OSB à l’extérieur et à l’intérieur. Je suis actuellement à la recherche de solutions de décoration voire de revêtement sur ce type de support. A priori, il est possible de peindre, lasurer, vernir un panneau OSB mais je ne parviens pas à trouver de réels modes d’emploi voire des photos afin de visualiser le rendu final et mieux choisir la finition. L’application d’enduit ne me semble pas du tout envisageable. 
Auriez-vous des indications à me donner ? C.B.

Un panneau OSB peut recevoir, après un léger ponçage, toutes les finitions citées et même des enduits terre. Cependant, s’il sert de contreventement, les mouvements engendrés par les conditions climatiques et variations hygrométriques risquent de dégrader les finitions de type enduit. La pose, indispensable, d’un adhésif étanche à l’air type RAPID CELL ou TESCON pour éviter les dégâts de condensation limite aussi le choix. Les peintures et lasures ne masqueront pas assez le dessin des panneaux, les joints des plaques ou le scotch. La solution, facile à mettre en œuvre, est le papier à peindre. Dans une qualité « résistante » à la déchirure, le papier offrira un état de surface optimal. À titre d’exemple, Pro clima distribue un papier peint frein-vapeur nommé SANTA, référencé par Nature & Développement, qui permet de soigner l’étanchéité et la finition. Une alternative est de réaliser une gaine technique en ajoutant devant l’OSB du Fermacell ou un parement en terre ou en roseau comme support d’enduit. Le voile travaillant en OSB sera ainsi protégé du feu.
Cela dit, l’idéal est d’opter pour les panneaux OSB sans formaldéhyde (OSB3) à l’intérieur ou à l’extérieur… Pas les deux, le risque de condensation est trop important. Pour assurer la perspiration (capacité à réguler la vapeur d’eau) du mur ossature bois et garantir la pérennité de l’isolant, nous recommandons d’associer l’OSB intérieur à un pare-pluie en fibres de bois type STEICO Universal en 16 ou 22 mm à l’extérieur ou l’OSB extérieur avec un frein-vapeur hygrovariable type INTELLO+ en intérieur.

Nature & Développement,
réseau de distributeurs de matériaux écologiques